goodwill

On peut se représenté de manière simple que le goodwill représente l'achalandage, fonds clientèle, fonds de commerce (clientèle, plus droit au bail, plus nom commercial, plus marques de commerce…)
On peut définir le goodwill comme une évolution et extension de la notion classique de fonds de commerce. De même le terme traditionnel français, « survaleur », dont l'usage était encore dominant dans les années 1970, mais qui comporte une connotation négative, a depuis été supplanté par l'optimiste « goodwill». Celui-ci peut en effet être estimé à partir des perspectives de rentabilité des investissements réalisés par l'entreprise en tenant compte des positions qu'elle s'est assurée sur le marché. On parle de badwill au cas où ces perspectives sont mauvaises, au point que l'investissement réalisé a moins de valeur que son actif net calculé à partir de ses seuls actifs identifiables.

Dans le cadre des normes IAS/IFRS ou américaines (US GAAP), sa valeur sera testée chaque année et donnera lieu le cas échéant à une dépréciation.

Dans le cadre des normes françaises, le goodwill est amorti linéairement, sur une durée qui s'étale dans la pratique entre 5 et 40 ans, avec une concentration autour de 10 à 20 ans. Il est toutefois possible, dans certains cas, d'imputer cet écart d'acquisition sur les capitaux propres consolidés de l'acheteur, qui disparaît donc de ce fait.

La notion de survaleur ou goodwill correspond à une valorisation d’occasion stratégique, contrepartie financière de la notoriété, du savoir-faire et des performances de l’entreprise, et mesure les avantages incorporels dont celle-ci dispose. Ces avantages permettent d’expliquer les raisons pour lesquelles cette entreprise génère une rentabilité supérieure au bénéfice normal que justifierait son actif net, et qui constitue un « superbénéfice ».

Selon Michel Albouy, le goodwill n’est pas une simple écriture. Comme l’illustrent les exemples de Vivendi ou de France Télécom, l'amortissement des immobilisations peut avoir un impact très négatif sur le résultat net de l’acquéreur. Une étude sur 46 grandes sociétés françaises montre que plus la survaleur est élevée, moins l’acquisition a de chances d’être un investissement créateur de valeur et moins le cours de bourse sera favorable. Le goodwill est donc un élément que les investisseurs ont intérêt à suivre de près.

Selon Maurice Nussenbaum, « Comptablement, c’est l’écart entre le prix payé pour l’acquisition d’une entreprise, ou d’un groupe d’actifs et la valeur totale réévaluée des actifs identifiés (corporels et incorporels). Il faut bien comprendre qu’il ne revient pas à la comptabilité de se prononcer sur la nature du goodwill puisqu’elle ne le définit que comme un solde. Il revient ainsi aux économistes de dire si ce solde correspond à une réalité économique ou à un simple sur-prix payé pour acquérir l’ensemble des actifs de l’entreprise » .

Selon le dictionnaire Bernard et Colli, le goodwill était traduit traditionnellement par le mot "clientèle" ou "achalandage" d'une maison de commerce. Le terme a revêtu une signification plus large en étant défini comme ce qui différencie une affaire établie et ayant fait sa place d'un établissement qui s'installe et il reste à s'imposer (environnement et localisation, clientèle, réseau de relations et de correspondants de toute sorte, réputation, compétence, climat social). À la faveur des clients, on ajoute aujourd’hui l'attachement ou la confiance des fournisseurs, des employés et de l'ensemble des partenaires.

Enfin, selon Pascal Quiry et Yann Le Fur (Vernimmen), le goodwill représente la fraction de la différence de première consolidation subsistant après la réévaluation des actifs de la filiale. Cet écart d'acquisition, s'il est positif, apparaîtra comme une immobilisation incorporelle d'un type particulier.

Utilisation du terme en comptabilité

Cet élément n'est généralement pas comptabilisé, sauf en cas d'acquisition. Des efforts sont faits pour en faire apparaître les fluctuations dans des documents annexes. Lors de la vente, la survaleur est évaluée par le vendeur, à la manière de ce qui est fait en France pour les éléments incorporels du fonds de commerce.

Cette valeur d'acquisition a donné au terme goodwill une certaine popularité dans la « nouvelle économie » où les achats d'entreprises ont été nombreux et où les prix payés pour ceux-ci étaient souvent sans véritable rapport avec la valorisation de l'actif net, voire avec les perspectives de rentabilité réelles des entreprises achetées...

Aspect économique

Dans une économie complexe et mouvante qui repose de plus en plus sur l'innovation, tant technique qu'en matière d'organisation et de stratégie par rapport au marché, le goodwill est de plus en plus l'un des actifs déterminants des entreprises. Voir à ce sujet les cinq forces de Porter.

Décomposition d’une survaleur

Le Goodwill, une survaleur présente engendrée par des éléments passés et futurs :

En règle générale, il serait réducteur de penser que la composition du goodwill puisse être établie uniquement à partir d’éléments comptables, « même en faisant abstraction des critiques qui peuvent être adressées à la comptabilité (coûts historiques, principe de prudence, principe de réalisation). » (Thibierge)

Le goodwill est un élément tirant son origine de la gestion et cette dernière ne se limite pas à la comptabilité. Le goodwill est donc la résultante d’une somme de composantes humaine, stratégique, financière, économique et comptable.

« Une solution qui permet de mieux assimiler la composition du goodwill est de le décomposer en survaleurs présentes d’origines passées et en survaleurs présentes d’origines futures » (Anthony Lorrain). La survaleur globale théorique est alors composée de la somme de ces deux dernières. Mais résumer la composition du goodwill à cette seule démarche de valorisation des « actifs » serait une erreur. En effet, « la survaleur effective ou réellement payée est la résultante d’une confrontation entre la survaleur de marché (elle-même résultante d’une confrontation entre l’offre et la demande ou autrement dit entre le vendeur et l’acquéreur) et la survaleur globale théorique » (Anthony Lorrain).

L’origine passée

La survaleur présente d’origine passée est composée d’un ensemble d’éléments (sous-survaleurs) comptable, stratégique ou même humain… Le premier élément auquel nous pensons généralement est l’élément comptable qui est représenté par la différence entre le coût historique et la valorisation présente de l’actif.

L’élément stratégique, en terme de parts de marché, d’implantation, de types de clientèle, de recherche et développement… est également un élément primordial qui n’apparaît que partiellement en comptabilité. La réputation d'une société, son image de marque, les services particuliers qu'elle accorde à ses clients, les différents avantages concurrentiels ou de synergie qu'elle possède, sont autant d'éléments incorporels qui ont une valeur, bien que n'étant pas présents au bilan.

L’axe humain composé des compétences de chacun, du savoir faire comme du savoir être, des formations acquises ou même des réseaux en place n’est également pas valorisé au bilan. C’est pourquoi, bien connaître l’entreprise cible apparaît comme une nécessité dans tout processus d’acquisition.

Le goodwill est bien considéré ici comme une différence de valeur, une prime que l'entreprise acheteuse est prête à payer pour la valeur des éléments incorporels et avantages de l'entreprise acquise.

L’origine future

La survaleur présente d’origine future pourrait être décomposée en sous survaleurs d’origines financières, stratégiques et humaines.

Les parties stratégiques et humaines de la survaleur sont ici uniquement considérées en terme financier en permettant de réaliser des gains futurs voire en évitant des pertes financières. Le but étant d’évaluer ces éléments qui ne le sont pas habituellement.

Le Goodwill peut être considéré comme l'actualisation des résultats futurs de l'entreprise (Delesalle, 1992, 17), ou bien être assimilé à des gains potentiels non réalisés (Pierrat, 1992). De ce fait, selon certains auteurs, en vertu du principe de prudence comptable, il ne devrait pas être comptabilisé : « étant représentatif de valeur future, il entre dans la catégorie des gains non réalisés potentiels dont l'inscription à l'actif du bilan est totalement prohibée par les principes comptables habituels » (Pierrat, 1992, 12).

Le goodwill devient alors l’enregistrement comptable d’un potentiel économique futur actualisé en fonction du risque évalué et du taux de rentabilité espéré.

Si pour un montant donné, on propose une forte rentabilité pour peu de risque, l’arbitrage veut que ce montant soit augmenté d’une survaleur permettant d’aligner la rentabilité au risque. Le goodwill serait alors la concrétisation comptable du couple rendement/risque ou bien l’adaptation du niveau du risque sur les rendements futurs ou espérés d’une survalorisation. Autrement dit, une entreprise non cotée dont la rentabilité serait forte avec un niveau de risque faible se verrait offrir une valeur d’achat plus importante que sa seule valeur comptable ; le tout sur le même modèle que la valorisation boursière d’une entreprise cotée.

Le goodwill deviendrait alors une méthode d’arbitrage du couple risque / rentabilité future.

Conclusion

Le goodwill apparaît donc comme une valeur présente inscrite en comptabilité d’origine humaine, comptable, économique, stratégique et financière, à la fois passée et future.

Cette valeur est ensuite présentée au marché qui réajuste la valorisation en fonction de l’offre et de la demande.

On remarque aisément les différents conflits comptables qui peuvent apparaître ; à savoir un problème d’enregistrement de l’immatériel (exemple des capacités humaines), mais également un problème de rattachement temporel (exemple de la rentabilité espérée) ou bien même d’introduction d’une notion de risque (exemple de la prime de risque lors du rachat d’une entreprise).

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